lundi 22 décembre 2014

La crèche des Indignés de retour au Square Victoria.




L'austérité sous le règne libéral...

Novembre 2014, terne, gris et froid.
On relève notre col et on frissonne un peu,
comme un aperçu des mois à venir.
Un vent venu du nord qui refroidit nos ardeurs;
ni ombre ni lumière, nos repères qui s'effacent,
c'est l'air nordique, c'est l'ère libérale
qui souffle sur ce qui reste de ces années déjà lointaines
où le Québec relevait la tête et déployait ses ailes.

J'ai vu neiger.
À l'aube de ma soixantaine je regarde avec désolation et tristesse le paysage qui se dessine :
des années à tisser un filet social qui désormais s'effiloche dangereusement...
Je vais avoir un discours ringard, mais n'empêche qu'en 76 nous pensions avoir enfin en main les outils pour se bricoler un Québec à notre image, inclure tous et chacun et prendre soin les uns des autres.
Et puis là on regarde un peu impuissant le Québec qui se démantèle,
celui qu'on administre comme une entreprise,
celui à qui on impose un remède de cheval, en faussant les diagnostics sans que nous ayons droit de regard sur le dossier médical du patient .
Croire sur parole, vraiment ??

Dimanche après-midi tout gris 
une promenade dans le brouillard, bien chaussés dans nos bottes de pluie.
Au sol des traces de neige, de la boue et des feuilles,
dans ma main, la petite main de Léo.
On se parle des saisons;
il m'explique que l'automne les feuilles tombent et qu'au printemps, elles retournent dans les arbres.
Je souris, j'aime cette image :
je vois les feuilles faire le mouvement inverse et remonter sur les branches.
L'image est trop belle pour lui expliquer la réalité de la naissance des feuilles.
Il aura bien le temps de le découvrir au prochain printemps.

Il est aussi improbable de recoller les morceaux cassés et éparpillés du Québec qu'on assassine,
que de faire remonter les feuilles aux arbres.
Mais ça Léo ne le sait pas, pas pour l'instant,
mais ses parents le savent eux,
avec ces tarifs de garderie qui augmenteront
avec un papa au chômage qui cherche du travail ardemment depuis un an en se faisant dire qu'il est sur-qualifié.

On met des sommes pour contrer le décrochage scolaire, plutôt que de repenser l'école;
on dit aux jeunes d'étudier en augmentant les frais de scolarité : Endettez-vous les jeunes c'est pour votre  avenir mais surtout pour celui des banques.
Toutefois, au sortir du cegep ou de l'université ils iront grossir le rang des endettés et des chômeurs
parce qu'on les coupe les postes, qu'on réduit les emplois,
qu'on rapetisse comme une peau de chagrin l'avenir des jeunes.


Nous sommes allés nous joindre Léo, ses parents et moi,
à tous ceux qui dans la rue ont manifesté leur mécontentement.
Et je continuerais encore et toujours à me joindre à tous ces gens,
parce que je crois que devant ces mesures d'austérité il faut dire notre désaccord haut et fort,
parce que je n'ai pas le droit de ne pas y croire, pour tous les petits Léo du Québec et leurs parents.
Parce qu'envers les jeunes, nous avons un devoir d'optimisme.

Et nous voilà rendus en décembre.
À quelques jours de Noël, une chanson résonne en moi :
Peuple debout,
Fais ta délivrance.

Indignons-nous!

Merci à mes complices Carole, Simon-Pierre et Vincent de la Fromagerie de la Station à Compton pour la paille et à Esther pour divers matériaux.





vendredi 5 décembre 2014

Un tarif social


Lundi dernier avec les participants du groupe Art Action du Céda,
nous sommes allés manifester devant l'Hôtel de ville de Montréal,
contre la hausse prévue des tarifs de la STM.

Pour l'occasion nous avions fabriqué une pancarte avec le logo du métro. Les flèches vers le haut indiquent les hausses successives des tarifs et celle vers le bas, pour demander une baisse du coût du transport et exiger un tarif social.
On a aussi décoré les alentours de l'Hôtel de ville avec les petits sapins que nous avions fabriqués pour l'occasion.
 

                                             
                        



lundi 1 décembre 2014

Des oiseaux de malheur.

"Pendant 225 minutes au cours de la journée du 17 novembre,  des organismes d’aide de toutes sortes — soupe populaire, aide aux démunis, ressources en santé mentale, hébergement pour femmes victimes de violence, service d’aide aux jeunes, aux immigrants ou aux familles — ont fermé leurs portes, le temps d’exprimer un ras-le-bol généralisé."

                         

C'est sous le thème d'une marche funèbre que nous avons participé, les personnes du groupe Art Action du CÉDA, à la manifestation du 17 novembre. Vêtus de capes noires nous avons promené dans le ciel gris de cette journée neigeuse, une horde de corbeaux personnifiant les oiseaux de malheur qui composent le gouvernement actuel.

vendredi 1 août 2014

22 juillet 2014, on se balade avec Denise.

Des années qu'elle détisse ses souvenirs et qu'elle se perd dans le labyrinthe de l'oubli. Elle a oublié ce que fut sa vie et qui elle est. 
Elle, c'est ma mère, qui est de plus en plus seule. 
Et pourtant, elle reste un être vivant respirant avec nous tous.
Elles sont nombreuses ces personnes que nous mettons à l'écart dans ces lieux sans âme où elles finiront leur vie. Pour ramener Denise parmi nous, dans l'espace public, nous avons le temps de quelques heures fait tous ensemble une balade dans le quartier où elle a vécu une grande partie de sa vie. Nous répéterons sûrement l'expérience, libres à vous de nous accompagner.

Remerciements sincères à Caroline et Édouard, Sophie, Maggy, Caroline, Steffie, Anaïs, Arnauld, Léo et André.


    

mercredi 2 juillet 2014

Analphabétisme, quel long mot...

En juin dernier nous avons fabriqué des bustes de personnages
portant chacun une lettre; mis tous ensemble ils forment le mot analphabétisme.
La semaine suivante par un matin gris, nous avons installé ceux-ci devant la bibliothèque du Centre Culturel Georges Vanier.


Comme la pluie se faisait intense en après-midi, une gentille personne à l'emploi du Centre Culturel les a mis à l'abri à l'intérieur, pour ensuite leur faire une place à la bibliothèque !


Ben non c'est pas des vrais...!




Lorsqu'on est analphabète, il est impossible de remplir des formulaires sans l'aide de quelqu'un. C'est pourtant ce qui se passait trop fréquemment lorsque les participants se rendaient au Centre Local d'Emploi. Malgré qu'on doive leur fournir cette aide, on leur disait de trouver de la trouver autour d'eux, famille, amis, voisins. Mais solliciter de l'aide à l'extérieur pour remplir son formulaire d'aide sociale ce n'est pas quelque chose d'agréable.

Ressentant frustration et colère devant ces refus répétés, nous avons peint en rouge des formulaires d'aide sociale, les avons roulés et installé une petite ficelle pour faire une mèche, les transformant ainsi en pseudo bâtons de dynamite. À l'intérieur de ceux-ci, il y avait un message réclamant de l'aide et à l'extérieur, un autre disant : message à l'intérieur.

Ensemble nous sommes allés porter nos bâtons au Centre Local d'Emploi.
L'action a eu des répercussions qui se sont étalées sur une période d'un an. En mai dernier, 3 hauts fonctionnaires sont venus nous rencontrer pour nous entendre.

 Comme quoi parfois il faut sortir du cadre pour que ça bouge!


La chorale des 100 voix.

Ni vus, ni entendus.

Voilà comment on peut se sentir lorsqu'on a de la difficulté avec la lecture et l'écriture. Dans le but de se rendre visibles dans un quartier jadis populaire mais qui aujourd'hui se gentrifie et d'exprimer comment on se sent, nous avons joué les aveugles et les muets. Installés devant la station de métro Lionel Groulx et ensuite sur la rue Notre-Dame, nous avons chanté en silence, rythmant notre mélodie au son d'un tambour fabriqué d'un seau de plastique, attirant ainsi l'attention des passants. 


Nous voilà !

Une action révolutionnaire dans la culture ne saurait avoir pour but de traduire ou d'expliquer la vie, mais de l'élargir.   Guy Debord

Depuis 2 ans grâce à une subvention d'Engrenage noir, je consacre une partie de mon activité artistique à un projet d'art communautaire militant en collaboration avec le Céda. C'est avec des adultes en processus d'alphabétisation que nous intervenons dans l'espace public pour dénoncer ou réclamer des changements. Ensemble, nous nous appliquons à élargir la vie.

Les mini manifestants.



Pour notre première installation dans l'espace public, nous fabriquons des mini manifestants nous représentant. Chaque pancarte livre un message personnel.

À cet effet vous pouvez lire le très beau texte, L'art de se dire, 
de Caroline Legault et Dominique Laguë à l'adresse suivante: